Encyclopédie de la Parole : Suite 4

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Conception Encyclopédie de la parole & Ictus
Composition and music Pierre-Yves Macé and Sébastien Roux
Dramaturgy and direction Joris Lacoste
Collectors Joris Lacoste and Elise Simonet
Sound Alexandre Fostier
Light design and video Florian Leduc
Artistic collaboration Elise Simonet
   

    
Production Encyclopédie de la parole (with support from Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Ile-de-France) / Ictus (with support from the European Commission, Vlaamse Overheid and Vlaamse Gemeenschapscommisie)
Coproduction in progress

Estimated duration 150 min
with intermission

In the first three Suites by L'Encyclopédie de la Parole, real speech samples recorded around the world, collected and combined, were brought to life by the virtuosity of shape-shifting performers.
Suite N°4 concludes the series by letting the original speakers take over : this time it is the actual recorded voices (all the someones, one day, somewhere) that sound out from the stage, highlighted and orchestrated by an ensemble of eight musicians. In presenting the recordings themselves, Suite N°4 invents a theater of real characters made present by their very absence—living ghosts returning from far away to let us hear the texture of their words.
   

   
As in a classical opera, the play articulates two different forms of recitative: recitativo secco (“dry” in which the voices are a cappella) and recitativo accompagnato (with instruments).

The first form, composed by Sébastien Roux, is a series of bare voices interwoven and overlapping in an acoustic space modulated by minimal sound elements. Roux’s electroacoustic composition is broadcast by a system that allows for various fragmentation, montage, and spatialization processes. As each voice’s identity is accentuated by a variety of added sounds opening an artificial audio décor, the formal play borders on narrative construction.

In the second form, composed by Pierre-Yves Macé, the musicians of Ictus come in (in varying numbers) to support, shift, or reveal certain voices at certain times. The composition tightly interweaves the melodic curves of speech with contre-chant or instrumental accompaniment. Showing its versatility, the eight-instrument ensemble is fragmented into a myriad of sub-groups, blending the acoustic and the electric, displaying unusual combinations of timbres, taking full advantage of the multi-instrumentalism of the musicians. Minimal to the point of silence at times, and saturated with matter at others, the music reveals its unique powers by giving each voice a body.
   

   
Though it takes us through a thousand concrete situations in more than thirty different languages (with surtitles at the back of the stage), the play is not so much a voyage as a story—a mental show in which (almost) all elements of theater are used to convey how our present is always woven with words and voices, both recent and old, both near and far. An opera without singers, theater without actors, and performance without presence—yet bursting with words, characters, scenes, actions, and emotions—Suite N°4 is an Act that celebrates and resonates with the words of the absent.

Dans les trois premières Suites de L'Encyclopédie de la parole, des paroles réelles du monde entier, collectées et recombinées, étaient rendues à la vie par la virtuosité d’interprètes polymorphes. La Suite n°4 conclut la série en laissant parler les originaux : ce sont cette fois les voix telles quelles (tous les quelqu’uns, un jour, quelque part) qui interviennent sur le plateau, mises en scène et orchestrées par un ensemble de huit musiciens. En convoquant les enregistrements eux-mêmes, Suite n°4 invente un théâtre de personnages réels, présents par leur absence même, fantômes vivants qui reviennent de loin nous faire entendre leur grain propre.
    

    
À la manière d’un opéra ancien, la pièce articule étroitement deux modes de récitatifs : le récitatif secco (a cappella) et le récitatif accompagné d’instruments.

Dans le premier mode, confié à Sébastien Roux, les voix nues se succèdent et se superposent dans un espace à l’acoustique modulée par des interventions sonores minimales. La composition électroacoustique est diffusée par un dispositif permettant divers procédés de fragmentation, de montage et de spatialisation. L’identité de chaque voix est renforcée par toutes sortes de motifs additionnels de natures variées ouvrant un décor sonore artificiel : le jeu formel touche alors à la construction narrative.

Dans le second mode, à la charge de Pierre-Yves Macé, les musiciens d’Ictus interviennent pour soutenir, déplacer, ou révéler telle ou telle voix. La composition noue étroitement les courbes mélodiques des paroles à des contrechants ou accompagnements instrumentaux. Modulaire, l’effectif de huit instruments est fragmenté en une myriade de sous-groupes, croisant l’acoustique et l’électrique, convoquant des associations de timbres insolites, et tirant le meilleur parti du multi-instrumentisme des musiciens. Tantôt minimale jusqu’au silence, tantôt saturée de matière, la musique donne ainsi, par les pouvoirs qui sont les siens, un corps à chaque voix.
   

   
Quoique la pièce nous fasse traverser mille situations concrètes en plus de trente langues (avec surtitres en fond de scène), il ne s’agit pas tant d’un voyage que d’une histoire, un spectacle mental où (presque) tous les moyens du théâtre sont mobilisés pour faire entendre comment notre présent se tisse toujours de discours — récents et anciens, proches et lointains. Opéra sans chanteurs, théâtre sans acteurs, représentation sans présence, Suite n°4 n’en déborde pas moins de verbe, de personnages, de scènes, d’actions et d’émotions : c’est un Acte qui célèbre et fait vibrer la parole des absents.