Le Retour

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Cast

     
Geert De Bièvre: cello
Eva Reiter: viola da gamba ; concept and dramaturgy
    

Programma

    
1
Eva Reiter : Prologue I
2
Monsieur de Sainte Colombe : Le Retrouvé
3
Luciano Berio : Béla - Yossi
    
4
Jürg Frey : Wen 16
5
Monsieur de Sainte Colombe : Le Retour
6
Luciano Berio : Henri – Shlomit – Annie
     
7
Jürg Frey : Petit fragment de paysage
8
Monsieur de Sainte Colombe : Les Regrets
     
9
Eva Reiter : Prologue II
10
Jürg Frey : Träumerin
11
Monsieur de Sainte Colombe : Le Tendre
     
12
Eva Reiter : Prologue III
13
Monsieur de Sainte Colombe : Chaconne raportée   (+)
     

     

2, 5, 8, 11, 13

The pieces by Monsieur de Sainte Colombe (1640 - 1690/1700),
come from Concerts à Deux Violes Egales (1690/1700)

4, 7, 10

Jürg Frey is born in Aarau, Switzerland, 1953

3,6

Luciano Berio, 1925-2003
The pieces come from Duetti per due violini (1979-1983)

1, 9, 12 :

Eva Reiter, born1976

(+) Original spelling
          

      
Supported by

Eternal Return

   
If it is true that the Viennese spirit can be described as an inimitable combination of avant-garde provocation and inconsolable nostalgia, then Eva Reiter is surely the most Viennese of all. Composer, flutist and viola da gamba player, Reiter was raised on a diet of contemporary music by Fausto Romitelli, both psychedelic and thunderous, and awash with electrified sounds. Yet at the same time, she forged a successful career in early music with a particular taste for the English Elizabethan repertoire and its sublime mannerism that never feared the “floods of tears” of which Shakespeare wrote.

Her duo with her colleague from Ictus, cellist Geert De Bièvre, presents the same kind of contradiction, albeit with greater discretion and intimacy. Here Reiter turns to the French baroque music of the 17th century, as made familiar to the general public in the late 1980s by Pascal Quignard’s great novel, The Music Lesson, and by the film that followed, All the World’s Mornings. The hero, Jean de Sainte-Colombe, is a gamba player and composer. His most notable student was Marin Marais, a very characteristic figure of an austere and intransigent artist, whose highest ideal is musical art that serves to express the most unfathomable secrets of the heart (and who is always threatened by compromises that would precipitate decadence).

The ostensible contrast between the two instruments, the modern cello and the viola da gamba, gives energy to the concert. In 1740, the abbot Hubert Le Blanc published a humorous pamphlet with the rather sarcastic title: La Défense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncello [Defence of the bass of the viola against the enterpises of the violin and the pretentions of the cello]. In truth, the stakes were high – the aesthetic regime of an entire era was in the process of being overturned: the viola da gamba is soft and woody, melancholic and aristocratic whereas the cello is loud and emits more metallic harmonics; it is triumphant and plainly bourgeois.

By feigning to oppose modern and ancient, Berio and Sainte-Colombe, nostalgia and innovation, the cello and the gamba da viola, this concert pays subtle homage to an eternal desire of music, and its most ancient and universal function: the art of the half-said.

een eindeloos terugkeren

    
Als we de Weense ziel kunnen omschrijven als een unieke mengeling van avant-gardistische provocatie en ongeremde nostalgie, dan is Eva Reiter zeker de meest Weense onder de Weners. Reiter groeide als componiste, fluitiste en gambiste van kinds af op met de psychedelische, flitsende hedendaagse muziek van Fausto Romitelli, doordrenkt van elektrische klanken. Tegelijkertijd bouwde ze een mooie carrière uit in de oude muziek, met een bijzondere voorliefde voor het Engelse Elizabethaanse repertoire en het sublieme maniërisme, dat nooit terugdeinst voor de ‘vloedgolven van tranen’ waarover Shakespeare sprak.

Het duet met haar Ictus-partner, de cellist Geert De Bièvre, brengt hier dezelfde soort tegenstrijdigheid op een discrete, intieme manier op het podium. Reiter put deze keer uit de geschiedenis van de 17e-eeuwse Franse barokmuziek. Een stijl die aan het eind van de jaren tachtig bij het grote publiek bekend werd door Pascal Quignard’s grote roman La leçon de musique en de daaropvolgende film Tous les matins du monde. De held van het verhaal is Jean de Sainte-Colombe, gambist en componist en de meester van Marin Marais. Hij is het prototype van de onverzettelijke en strenge kunstenaar en hecht veel waarde aan het ideaal van een muzikale kunst die expressie geeft aan de diepste geheimen van het hart (altijd op het gevaar af compromissen te sluiten die tot decadentie leiden).

Het ostentatief contrast tussen de twee instrumenten in dit concert, de moderne cello en de viola da gamba, prikkelt en beroert. In 1740 publiceerde de abt Hubert Le Blanc een amusant pamflet met de wat sarcastische titel La Défense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle. Er stond in werkelijkheid veel op het spel. Het esthetische regime van een heel tijdperk werd omgegooid. De gamba is zacht en houtachtig, melancholiek en aristocratisch, de cello klinkt luid en geeft meer metaalachtige boventonen, triomfantelijk en burgerlijk.

Berio versus Sainte-Colombe, nostalgie versus vernieuwing, de cello tegenover de gamba. De tegenstelling tussen oud en nieuw veinzend eert dit concert fijngevoelig een altijd aanwezig verlangen naar muziek en naar de meest universele kracht van het muzikale: de kunst van het halve verhaal.

perpétuel retour

Eva Reiter est membre régulière de l’ensemble Ictus, où elle joue de deux instruments inhabituels, la viole de gambe et la flûte à bec contrebasse. Elle est aussi compositrice. C’est elle qui a conçu le programme de ce soir, pensé dès le départ comme une conversation avec son collègue d’Ictus, le violoncelliste Geert De Bièvre.

Tentons de décrire en deux mots l’esprit viennois : un assemblage de provocation avant-gardiste et d’inconsolable nostalgie. Si cela est vrai, alors Eva Reiter est définitivement la plus viennoise des Viennoises. Elle a grandi dans le sillage de la musique de Fausto Romitelli, psychédélique et tapageuse, toute vibrante de sonorités électriques ; mais parallèlement, elle traçait une carrière dans la musique ancienne, en manifestant un goût particulier pour le répertoire anglais élisabéthain et son maniérisme sublime, qui jamais ne craint les « inondations de larmes » dont parlait Shakespeare.

Le duo qu’elle monte ici avec Geert De Bièvre met en scène de façon plus discrète, plus intime, le même type de contradiction entre innovation et mélancolie. Reiter s’appuie cette fois sur l’histoire de la musique baroque française du 17e siècle. Celle-ci a été rendue familière au grand public, vers la fin des années 1980, par un grand roman de Pascal Quignard, « La leçon de musique », et par le film qui en a suivi, « Tous les matins du monde ». Le héros en est Jean de Sainte-Colombe, gambiste et compositeur, le maître de Marin Marais, figure très caractéristique de l’artiste intransigeant et austère, plaçant très haut l’idéal d’un art musical fait pour exprimer les plus insondables secrets du cœur (et se sentant toujours en danger face aux compromis qui précipiteraient la décadence de son art).

C’est le contraste ostensible entre les deux instruments, le violoncelle moderne et la viole de gambe, qui constitue le ressort sensible de ce concert. En 1740, l’abbé Hubert Le Blanc publiait un pamphlet au titre un peu sarcastique : « La Défense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle ». Derrière le ton plaisant, l’enjeu était de taille — car c’était le régime esthétique de toute une époque qui était en train de basculer : la gambe est douce et boisée, mélancolique, aristocratique ; le violoncelle sonne fort et dégage des harmoniques plus métalliques, il est volontaire et triomphant — déjà bourgeois.

En feignant d’opposer le moderne à l’ancien, Berio à Sainte-Colombe, la nostalgie à l’innovation, le cello à la gambe, le programme Le Retour fait subtilement l’éloge d’un increvable désir de musique — et nous renvoie à la plus ancienne et plus universelle fonction du musical : l’art de parler à mi-voix.

Agenda for this project

May 2022
  • Date Show Location
  • Wed 18.05 Le Retour [Eva Reiter] Opéra - Lille - France

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September 2022
  • Date Show Location
  • Sun 18.09 Le Retour Klangspuren - Schwaz - Austria

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