Liquid Room X: LYON

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CAST

   
Alexandre Fostier, sound
Caspar Langhoff, light
Gerrit Nulens, percussion & drums
Tom Pauwels, voice and guitars
Jean-Luc Plouvier, voice and keyboards
Michael Schmid, voice and flute
Liesa Van der Aa, voice and violin
Wilfried Van Dyck, stage
   

PROGRAMME

   
Benjamin de La Fuente
Bypass
for electric guitar, keyboard and drums

Christopher Trapani
Larry Polanski

American Lament
for voice, violin electric guitar and tapes

Kurt Schwitters
Sonate in Urlauten
for spoken voice

Bernard Heidsieck
Vaduz
for spoken voice

Liesa Van Der Aa
Carte blanche

Simon Steen-Andersen
Mono-Nachgesang

Kaj Duncan David
4c0st1ctr1g3r
for drum pads

Tom Johnson
Counting duets

Eliane Radigue
∑=a=b=a+b
   

PRODUCTION

    
Biennale Musique en scènes, Lyon
   

En trois mots

   
Dans ce concert,
   

1.

... il y a un parti-pris pop. La musique contemporaine n’est plus envisageable comme cette discipline où se perpétuerait sans encombre l’héritage classique, ce refuge où soigner nos nerfs malades, exaspérés par l’abondance des marchandises multicolores. La musique contemporaine, la nôtre, procède d’un héritage compliqué, fracturé, qui est celui des avant-gardes musicales, au pluriel — un riche dépôt d’expériences fibrées comprenant le free jazz, le rock psychédélique, la poésie sonore, l’expérimentation électronique. Son espace n’est plus la salle philharmonique et sa scène frontale, mais l’espace acoustique ouvert, tri-dimensionnel et mobile qui, ne l’oublions pas, est très exactement celui qui nous a été promis du départ — par Varèse, par exemple. Nous avons bien dit : héritage ; tenons jalousement sur ce mot, c'est le nôtre. Lorsqu'ils manient avec habileté, et parfois avec pertinence, le lexique de la « continuité » (où il s'agit de résister à l'an-historicité capitaliste et son présentisme jouisseur), les défenseurs de la Grande Culture Musicale s'avèrent souvent, en fin de compte, de parfaits amnésiques : saisis d'une cécité volontaire sur tout un pan de l’expérience moderne — laquelle est riche de pistes peu explorées et « à continuer », précisément, à faire vivre au présent.

2.

... il y a un parti-pris pauvre. Chacun a pu observer que les sons les plus insupportables sont désormais admis dans les salles de concert classiques, pourvu qu’ils émanent d’un violon ou d’un hautbois. Sont restés « vils », par contre : le PC, la ligne de code, le stroboscope, le clip, la radio, l’auto-tune, la boucle — toute cette ordure digitale que les amateurs de Grande Musique regardent de très haut. Mais les compositeurs d’aujourd’hui reconfigurent le noble et le vil : nos objets musicalisables sont tous les objets de la vie comme elle va, toute remplie de petites machines et de petites prothèses qui nous changent — là aussi, conformément à la promesse ouverte dès 1913 par Russolo et Apollinaire : faire musique de tout. Pour ce concert, il nous faut certes des micros, des haut-parleurs, des ordinateurs, un peu d’argent, mais au fond très peu de chichis : des lumières blanches qui frappent des corps qui jouent, très exposés, très concentrés, très occupés à faire musique de tout — et c’est déjà tout un spectacle.

3.

... il y a un parti-pris vocal. Le XXe siècle aurait-il échoué à inventer un nouvel instrument, à la hauteur de la promesse d’un nouveau corps musicien ? Mais non, il y a le microphone ! Voix pop murmurées à même la membrane, voix compressées de la radiophonie, voix robotiques greffées à l’ordinateur : le micro change la nature même de la voix musicalisée, son grain, son traitement, son aura, et jusqu’à son adresse.
               
            
   
   
   

Agenda for this project

March 2020
  • Date Show Location
  • Fri 20.03 Liquid Room XI, Lyon Le Sucre (Musiques en Scène) - Lyon - France

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