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sur Jérôme Combier par Gérard Pesson

Comme on parle de l'orient d'une perle, on pourrait parler de l'orient de la musique de Jérôme Combier. Un ailleurs postulé. Ses titres disent cela : la sensibilité géographique, la tentation d'un pôle, le risque recherché d'une dérive, d'une perte. Si l'œuvre de Combier est concentrée, épurée, on sent que c'est un travail ramené du dehors dans l'espace filtrant du cabinet de travail. Comme les anciens lettrés des vieux empires asiatiques, Combier a toujours le regard vers l'horizon quand il imagine la musique.

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L'admiration que Combier a pour Nicolas Bouvier, écrivain suisse qui a consacré une partie de sa vie et de son œuvre au voyage, précise ce thème : le désir d'être toujours entre ce qu'on fuit et ce qu'on cherche, cette sagesse qui vient en retour du point d'observation toujours dépassé. La curiosité élevée au rang de recherche devient une ascèse. Ce n'est pas seulement accumuler du matériau, "voir du pays", mais ne pouvoir penser un langage qui ne soit une trace éprouvée et comme vérifiée par un regard fraternel sur le monde. Il y a compagnonnage dans cet art.

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Dans un article récent présentant les œuvres complètes de Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière, autre grand humaniste du voyage, rappelle cette réponse supposée de Montaigne à un ami lui demandant pourquoi il quittait son bon château pour aller courir les routes d'Allemagne : "Je ne sais pas ce que je cherche mais je sais ce que je fuis".

Gérard Pesson

 

 

>Lien : Combier peint par l'IRCAM, sur la fameuse banque Brahms

 

>Prochain rendez-vous Ictus/Combier : Noir Gris, trio à cordes, à l'Opéra de Lille, 20 janvier 2010

 

>Audio : quelques oeuvres de Combier

 


Noir-gris, trio à cordes

 


Heurter la Lumière Encore, pour ensemble

 


Respirer l'Ombre, pour ensemble

 


Pays de Vent (exctrait) pour orchestre

 

 

 

 

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