jean-luc fafchamps : mot soufi

 


Le 16 mars 2006,
Paleis voor Schone Kunsten / Palais des Beaux-Arts, Bruxelles
Une commande du Palais des Beaux-Arts; une co-production de Bozar, Ars Musica, l'Orchestre National de Lille.

Ictus et l'Orchestre National de Lille présentent une soirée complète dédiée au cycle des "Lettres Soufies" de Jean-Luc Fafchamps. Pièces d'orchestre, pièces de chambre, pièces d'ensemble, et un final en "concerto grosso" où dialoguent le grand orchestre et tous les solistes précédemment entendus.

Jean-Luc Fafchamps, compositeur et pianiste (membre de l'ensemble Ictus) est né en 1960. Sa musique (un catalogue de près de vingt-cinq pièces) témoigne en permanence d'une méditation hautaine et mélancolique sur le passage du temps. Les propositions de départ de ses oeuvres semblent de prime abord viser l'unité et le long terme, la durée confiante du lyrisme : chants soigneusement travaillés de l'alto, du hautbois ou du cor anglais, harmonies ouvertement sonores des claviers ou des cordes. Mais un fatum dépressif les guette. Malgré le goût du compositeur pour les "formulations incantatoires" (ce sont ses termes), une sorte de pudeur innée lui fait toujours renoncer en cours de route à la plénitude de l'exaltation. Animée par la cruauté d'une secrète ironie, sa musique accueille en son sein des processus d'usure, d'entropie et de demi-tour qui la ralentissent, la tirent vers le bas, la préservent d'un lustre trop éclatant. Jusqu'à faire advenir un horizon trouble, nous déposer entre deux frontières : un peu comme par chance, comme on se réveille lors d'un long voyage. Ou par une de ces volte-face irrévocables et insensées dont seuls sont capables les timides.

Musique de la métamorphose et du processus, des croisements d'atmosphères, des glissements d'une technique d'écriture à l'autre, la musique de Fafchamps semble se moquer des "styles", qu'il brasse de manière inattendue. Non pas à la manière sarcastique, érudite et brillante du compositeur post-moderne, mais avec l'étrange indifférence que certains hypocondriaques manifestent à leur profusion de maladies, ou les fils prodigues à leur héritage.

L'innocence d'un autre temps, néanmoins, le fascine : amateur de longue date de Scriabine et de Messiaen, le compositeur réactive avec "Mot Soufi" le goût pour les grandes tables de correspondances symboliques qui unissent la musique aux énergies du monde, des caractères, des éléments et des vertus. Une opération qu'il faut lire, sans doute, comme une tentative de franchissement : franchissement de l'amertume d'un sujet musical éclaté, changeant et sceptique, qui se donne désormais "tel qu'il est" dans le réseau ouvert et chatoyant de ses virtualités.

introduction

Nederlandse samenvatting

note d'intention du compositeur

le tableau des lettres soufies et leurs correspondances

notes de programme

Fafchamps : biographie

Catalogue

Presse

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