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L'Nfer, un point de détail : c'est la soirée pop-art de François Sarhan, créée à l'Arsenal de Metz en 2006, où elle avait fait polémique. Ni spectacle, ni pur concert. Mais un plateau de variétés : le studio Radio-Sarhan. Sur ce plateau, huit musiciens et des micros, de la musique de chambre librement mêlée à du rock, des ordinateurs, des échantillons, de la parole, des corps pris par la parole, de la musique prise par la parole. Dans une atmosphère fiévreuse et sarcastique, qui évoque les grandes heures du rock expérimental et semble invoquer le spectre de Zappa, une partition très serrée explore dans le détail les rythmes, hésitations, suspensions et reprises de la voix parlée ordinaire. La source musicale, ici, c'est l'énergie énonciative qui traverse un corps énervé; elle impose son rythme, module le phrasé, suscite l'écriture.
Les sources sont diverses : des voix préenregistrées (des petites filles, des prêcheurs), des arrangements du grand répertoire du rock expérimental (Soft Machine, Frank Zappa), et des pièces originales de François Sarhan - lui-même en speaker.
Cela fonctionne en imitations, en reprises, en contrepoint libre (ou remix) : tout cela est enchevêtré comme pourrait l'être un programme radiophonique sur l'actualité musicale, et sur l'actualité tout court. Le compositeur, comme un animateur radio qui se serait trompé de plateau, tire le fil d'une anecdote étrange qui en appelle à sa propre disparition. Et la musique se met en route, qui le suit, le dédouble, l'harmonise... Depuis son ordinateur portable, il lance les jingles qui interrompent le flux ou contredisent le propos. Mais voilà que tout se précipite, et qu'apparaît Linda : elle a péché, elle a rencontré Dieu, elle se confesse... pastiche des spectacles religieux des télé-évangélistes américains, calqués au mot près, au sanglot près, sur la réalité obscène qui est désormais la nôtre.
L'équipe : clarinette, trompette, guitares, orgue Hammond, violon, contrebasse et basse électrique, batterie, ordinateur, des voix.
Le tout finement amplifié, éclairé, harmonisé.
Photos du spectacle, sur scène à Strasbourg
+ Le website de Sarhan, avec bio, catalogues, textes et partitions à télécharger
+ Sur Olivier Pasquet : (1) lien medium-chic, (2) lien très chic
+ Des images de "Inouï", spectacle de Pierre Droulers
+ Ecrire au compositeur (F. Sarhan),
+ Lukas Pairon, direction, et Jean-Luc Plouvier, coordination artistique, pour ictus
+ Ecouter Oehring

william blake, les limbes

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