Vidéo-Opéra pour soprano, ensemble, multiprojection et électronique Conception : Fausto Romitelli, Paolo Pachini
nederlandse versie Sur ce site : "Fausto Romitelli : A short Index". Un essai d'Eric Denut
Ictus
An Index of Metals, CD booklet
Index of Metal
Fausto Romitelli, la plus raffinée des oreilles au service de la corruption et des mauvais trips... Somptueux arpèges de bois, harmonies résonantes, guitares électriques alanguies... tout un matériel musical cousu d’or, qu’il ne met à jour que pour mieux le corroder, à la manière dont Greenaway explorait à haute vitesse, dans «Zoo», le destin des chairs faisandées. A la lisière de la «musique contemporaine» et du rock psychédélique, dans des tempos lents , plombés, lourds de fatigue, où toute sonorité glisse lentement vers sa distorsion et son usure, «Index of Metals» sonne comme un long Requiem. Mais requiem pour qui ? Pour toute réalité sensible et palpable, dirait-on, pour la matière elle-même, qu’on voit reluire et scintiller sur les trois écrans géants, danser d'absurdes ballets de molécules, et chuter finalement dans le vertige terminal d’un recycleur à déchets. A travers Pink Floyd et Pansonic, à travers le son fitré et l’image saturée, Romitelli dit sa lassitude d’une musique « pure » ; mais il invente un nouveau sublime.
L'écriture de Fausto Romitelli (qui fit ses études à l'IRCAM, à Paris, et y participa à des ateliers de recherche) est essentiellement à rattacher au mouvement spectral : l'oeuvre d'Hugues Dufourt, (lequel écrit : "Le spectralisme, c'est le spectre plongé dans le temps, c'est la distorsion"), et celle de Gérard Grisey (qui préconise "l'utilisation d'archétypes sonores neutres et souples facilitant la perception et la mémorisation des processus"). Le trait le plus spécifique de son parcours a été de combiner ces principes spectraux à une réflexion tour à tour critique et fascinée sur la saturation de la communication technologique, et la violence de son impact. L'usage des sons amplifiés et traités électroniquement, pensé sur un mode dramatique et hallucinatoire (non pas glorification de la matière sonore, mais sa dénaturation) est chez lui parfaitement en phase avec la conduite harmonique, qui va systématiquement du propre au sale. Romitelli est sans doute l'un des rares compositeurs, à ce jour, qui s'est montré capable de puiser sans retenue dans les sonorités du rock psychédélique et de la techno, et à les incorporer poétiquement aux ressources traditionnelles de la musique d'écriture. Frappé par une grave maladie, Fausto Romitelli est décédé en juin 2004 à Milan à l'âge de 41 ans. “Au centre de mon activité de compositeur se trouve l’idée de considérer le son comme matière à forger. Grain, épaisseur, porosité, brillance, densité, élasticité sont les caractéristiques principales de ces sculptures de sons obtenues par l’amplification, les traitements électroacoustiques mais aussi l’écriture purement instrumentale. Après Professor Bad Trip où les harmonies instrumentales sont comme perçues sous mescaline : saturées, distordues, liquéfiées, il m’a semblé indispensable de poursuivre cette recherche aux limites de la perception en projetant le timbre comme une lumière. Aller au bout de cette hallucination qui rend le son visuel. An Index of Metals a pour projet de détourner la forme séculaire de l’opéra vers une expérience de perception totale plongeant le spectateur dans une matière incandescente aussi bien lumineuse que sonore ; un flux magmatique de sons, de formes et de couleurs, sans autre visée que l’hypnose, la possession et la transe. Rituel laïque à la manière des light shows des années soixante, de la rave party d’aujourd’hui, où l’espace, solidifié par le volume sonore et la saturation visuelle, semble se tordre en mille anamorphoses. Loin de solliciter uniquement nos capacités analytiques comme l’essentiel de la production contemporaine, An Index of Metals veut s’emparer de notre corps par cette surexposition sensorielle et onirique. An Index of Metals n’est donc pas une nouvelle tentative de renouveler l’opéra en y ajoutant l’image comme adjuvant à la mise en scène. Ni une approche strictement multimédia où chaque artiste illustre de son côté une narration commune. C’est le projet tout à fait original de penser conjointement le son et la lumière, la musique et la vidéo, d’utiliser timbres et images comme éléments d’un même continuum soumis aux mêmes transformations informatiques. L’histoire est celle de cette fusion de la perception, de cette perte des repères, de notre corps devenu sans limites dans la fournaise d’une messe des sens. Le texte original de Kenka Lekovich se déforme lui-même passant d’une langue à l’autre. Ma musique (pour soprano et onze instruments amplifiés) développe un timbre impur en contrepoint des interférences colorées de la vidéo de Paolo Pachini et Leonardo Romoli. Trois films autonomes, diffusés sur trois écrans, occupent tout l’espace visuel. Le son s’y projette en taches lumineuses. L’image exploite les mêmes caractéristiques physiques que la musique : irisations, corrosions, déformations plastiques, ruptures, incandescence et solarisation de surfaces métalliques qui révèlent leur nature intimement violente et meurtrière. Composer visuellement le son, filmer acoustiquement l’image, les soumettre aux mêmes transformations informatiques demande une période de développement afin d’unifier les outils de capture et de manipulation de ces deux univers. Les phases de recherche puis de production des traitements électroacoustiques et vidéos sont poursuivies en collaboration par un petit groupe d’artistes et de techniciens au sein de leurs propres structures, puis réunis pour la post-production au Centre du Fresnoy : Leonardo Romoli (vidéaste), Paolo Pachini (informaticien musical, vidéaste, producteur exécutif), Francesco Giomi (informaticien musical), Fausto Romitelli (compositeur). Ce groupe gère aussi la mise en espace de l’œuvre et la direction de la vidéo, du son et de l’éclairage pendant la représentation. An Index of Metals sera cette narration abstraite et violente, épurée de tous les artifices de l’opéra, un rite initiatique d’immersion, une transe lumino-sonore. “
AN INDEX OF METALS est une co-production Fondation Royaumont L’apostrophe Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise Et reçoit le soutien du DICREAM / CNC (Ministère de la Culture)
Pour tous renseignements supplémentaires : Catherine Kollen | ||
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Video-opera voor sopraan, ensemble, multiprojectie en elektronica
Tekst van Kenka Lekovich Concept & Muziek : FAUSTO ROMITELLI Video : Léonardo Romoli, Paolo Pachini Musical informatics production: Stefano Bonetti en Paolo Pachini
Read the e-book of the Cyprès CD Booklet
Fausto Romitelli, het gulden oor in dienste van de corruptie en het verderf. Bourgondische houtblazersarpeggio's, rijke harmonieën, schreeuwende electrische gitaren...al het muzikale materiaal voorziet hij slecht van zuurstof om het beter te laten rotten zoals Greeneway in "Zoo" het bederfelijke noodlot van het vlees verkende. Op de rand van hedendaagse muziek en de psychedelische rock, in trage tempoâs, zwaar en vermoeid, vervormt en verslijt stelselmatig elke klank. "Index of Metals" klinkt als een requiem voor de realiteit, de zintuiglijke en kneedbare materie, die men ziet blinken en flikkeren op drie gigantische schermen: een absurde choreografie van moleculen die uiteindelijk oplost in een spiraal van afval. Via Pink Floyd en Pansonic, de geflilterde klank en het gesatureerde beeld, ventileert Romitelli zijn ongeloof in "pure" muziek door een subliem alternatief uit te denken.
Werknotities van Fausto Romitelli
De tijd van de dogma’s van de gratuite abstractie in de formalistische muziek is voorbij. We zien dat er op het vlak van perceptie nieuwe noden ontstaan en dat het verlangen groeit om te luisteren op een ‘sterke’ manier, die het lichaam en zijn fysiologische reacties kan herdefiniëren. Luisteren op een emotieve manier om zich onder te dompelen in een situatie van quasi gevaar, die verwant is aan de verkrachting van de fysieke integriteit.
Met An Index of Metals willen we een zintuiglijke totaalervaring creëren, door het muzikale aspect te verbinden met een visueel complement en door de toeschouwer in een alomvattende, gloeiende sfeer te dompelen. Het stuk is geïnspireerd op een vorm van profaan ritueel, van bezetenheid, die in de trancefenomenen van sommige hedendaagse expressievormen is terug te vinden. We denken daarbij aan happenings, de light shows uit de jaren 60 en ravy party’s, aan het hedendaagse techno-universum waarin een uitbreiding van de zelfperceptie, voorbij de fysieke grenzen van het lichaam, wordt geprovoceerd door middel van technieken die de luisteraars onderdompelen in een vreemde materie. Tijdelijke modaliteiten zonder verhaal, saturatie van de perceptie en hypnose, vervreemding van de gebruikelijke sensoriële parameters.
Een centraal uitgangspunt in mijn werk als componist is dat ik de klank beschouw als materie waarin men zich moet onderdompelen om met zijn fysieke en perspectivische kwaliteiten aan de slag te gaan: korrel, dikte, poreusheid, luminositeit, densiteit, elasticiteit. Klanksculptuur dus, instrumentale synthese, anamorfose, transformatie van de spectrale morfologie, voortdurend afdrijven naar nog meer onhoudbare densiteiten, distorsie, interferenties, met behulp van elektro-akoestische technieken. Ik hecht het grootste belang aan afgeleide en niet academische klanken, aan het onzuivere en hevige, overwegend metalige geluid van een bepaald type rock- en technomuziek.
Datzelfde metaal vormt onvermijdelijk het onderwerp van de video van An Index of Metals. Op een bijzondere manier wordt de aandacht gevestigd op de intrinsieke eigenschappen van metaal, op twee manieren om het waar te nemen: eerst en vooral is metaal uiterst geschikt om vertrekkend van een uniform en buigzaam materiaal tot een zuiver en lichtend oppervlak te komen. De tweede invalshoek is gericht op de contour, de identiteit en de functie van metaal. In dit tweede deel zijn geheime radertjes verwerkt, precisiemechanismen, microcircuits en ook kleine alledaagse objecten en gebruiksvoorwerpen.
Voor beide aspecten voorzie ik een deformatie- en distortieproces analoog aan wat ik doe tijdens het componeren van mijn muziek. Vibraties, een accumulatie van densiteiten en stromingen, gloed en corrosie zullen de oppervlakken tot leven wekken, om ze uiteindelijk te transformeren in verwrongen massa’s metaal. De objecten die met een bijna groteske detailweergave in progressieve close-up worden gefilmd, zullen hun innerlijke gewelddadige en moorddadige kracht onthullen. Het proces in zijn geheel verandert het positieve, anorganische karakter en de inertie van metaal in een onvermoede overweldigende en bedreigende vitaliteit.
De teksten van Kenka Lekovich ontsnappen evenmin aan dit proces: de tekst en zijn muzikale en elektroakoestische transpositie zullen dezelfde continue metamorfose ondergaan, een onderdompeling in een vitale stroming van steeds complexer wordende relaties tussen de klank en de perceptie van verschillende talen.
An Index of Metals wordt een grootschalige vertelling, een initiatieviering van de metamorfose en de fusie van de materie.
Op scenografisch vlak streeft An Index of Metals naar de creatie van een totaal geïsoleerde wereld, een autonome en hermeneutische zone, losgekoppeld van de omringende ruimte-tijd, waarin de initiatierite van de onderdompeling wordt gevierd. Daarom is het beter om het werk uit te voeren in een hangar, een opslagplaats of een grote loft waar het publiek, het ensemble en vooral de schermen of de gebruikte oppervlakken vrijer kunnen worden opgesteld. De oorspronkelijke ruimte moet achter zwarte doeken en door een aangepaste belichting verborgen worden. De live elektronica speelt een bepalende rol in de definitie van de ruimte, door middel van gespatialiseerde geluidsweergave en de directe coördinatie tussen de muziek en het beeld. (Hier dient benadrukt dat in de relaties tussen het videogedeelte en het muziekgedeelte elke overdreven didactische synchronie en narratieve mimesis vermeden moeten worden). In elk geval is een voorafgaandelijk bezoek aan de gekozen ruimte onontbeerlijk om een gedetailleerd en definitief scenisch ontwerp waarin alle elementen zijn opgenomen te kunnen maken.
De voorziene duur van het werk is ongeveer 50 minuten.
De productie van het elektro-akoestische en van het videogedeelte wordt mogelijk gemaakt dankzij de medewerking van een kleine groep artiesten en technici die elk hun eigen structuur en technologie aanbrengen: Leonardo Romoli (videokunstenaar), Paolo Pachini (muziekinformaticus, videokunstenaar, hoofdproducer), Francesco Giomi (muziekinformaticus). Deze groep verzorgt ook de enscenering en heeft de leiding over de video, de klank en de verlichting tijdens de voorstelling. Fausto Romitelli.
For further information please contact :
Catherine Kollen
Fondation Royaumont 95 270 Asnières sur Oise +33 (0)1 30 35 59 82 +33 (0)6 72 81 28 01 kollen@royaumont.com