Fausto Romitelli : a Short Index
« Cela fait mal de se faire ainsi traverser. »
Vu de France, un pays dans lequel, hormis les expériences de lItinéraire dans les années 1970, il est historiquement inusuel de mêler les pratiques du high art (« musique savante ») et du low art (« musiques populaires » ou, selon une terminologie plus institutionnelle, « musiques actuelles ») sans éveiller les soupçons de labsence de personnalité, ou déclencher des diatribes outragées dun pareil manque de respect pour lArt, les créations de Fausto Romitelli intriguent et séduisent par leur approche libérée et décomplexée des différentes traditions musicales. Dans une époque que nous avons qualifiée dans un écrit précédent de « classicisme de linnovation » en ce quelle salimente essentiellement des grandes Ïuvres spectrales ou postsérielles des années 1980 sans proposer à son tour de nouvelle « Ïuvre fracture », la démarche de Romitelli, que nous pourrions définir comme un « empirisme sélectif » au service dune poétique ouverte entre autres aux manifestations du low art, à leur impulsivité et leur « saleté » sonore, esthétique et sociale, ouvre sans aucun doute de nombreuses perspectives à la composition contemporaine. Lavenir devrait le confirmer : Romitelli est le parangon de la subculture de la musique savante contemporaine, et, en cela, fait écho à une autre subculture, celle de la musique populaire anglo-saxonne des années 1960 à nos jours. Cest elle en effet que, par goût (lhomme est chaleureux, vif, curieux, séducteur) et par nécessité (le compositeur est insatisfait des sonorités grisâtres, des formes abracadabrantes et des paratextes volumineux de la musique savante de son époque), Fausto Romitelli aime côtoyer, tirer à lui, absorber, digérer enfin. Son esthétique, fruit dune écoute singulière, confirme quentre Stockhausen1 et Grisey dun côté, et Sonic Youth et Aphex Twin de lautre, le rapport nest ni de filiation, ni de parallélisme, mais dorigine commune qui pourrait être une sensibilité « corporelle » à la matière sonore, un refus de lintellectualité musicale au profit dune perception physique, immédiate, du son2 . La richesse de lesthétique de Romitelli provient de cette tension, perceptible déjà chez les illustres aînés que nous avons mentionnés, entre la formalisation dun discours, sa médiatisation par lécriture, et le plaisir « den découdre » directement avec le son. Cest elle qui donne à EnTrance3 par exemple son exubérance distinguée.
Dans un entretien avec Philippe Albèra, Pierre Boulez disait en 19974 : « Il existe dans la musique daujourdhui des éléments de base, même primitifs, qui sont les mêmes chez plusieurs compositeurs : les relations chromatiques, labsence de périodicité rythmique traditionnelle, linvention de formes qui ne sont plus basées sur des cadres préétablis. Il ne sagit pas de règles, mais dune attitude acceptée en général, et dailleurs plus souvent de refus que dacceptation. » Romitelli est celui qui refuse ce refus. Pour lui, la composition est une pratique de joie, un bonheur de fréquenter de près le son, de le violenter pour mieux le « tutoyer ». Composer, cest affirmer.
Si le pôle « spectral » de Romitelli influencé par Stockhausen et Grisey, compositeur en recherche à lIrcam, a souvent été commenté avec justesse par la musicologie et la critique, il nen a pas toujours été de même du pôle « Sonic Youth et Aphex Twin » (appelons-le ainsi pour simplifier). Pour bien comprendre lapport de cette constellation à lart de Romitelli, il nous semble important au préalable de faire la distinction, au sein des pratiques musicales éloignées de la musique savante, entre un répertoire attaché à la reproduction de modèles et un répertoire innovant. La subculture musicale née dans les arrière-boutiques de Londres et de Los Angeles, celle de Jimi Hendrix, Jeff Beck, Albert Ayler et, plus près de nous, Portishead ou PJ Harvey est, au même titre que la musique contemporaine la été avec ses antécédents classico-romantiques, une entreprise de déconstruction des modèles musicaux afro-américains dominants. Elle oppose à la régularité dun beat et à la prédominance du mélodisme une exploration dunivers rythmiques et timbriques quelle va puiser principalement dans un détournement des technologies instrumentales et une grande perméabilité à des modèles extra-musicaux (de Philip K. Dick à Williams Burroughs en passant par le roman cyberpunk contemporain). Avec cette subculture, Romitelli partage à coup sûr lintransigeance et le courage cruels de refuser de faire « de deux poids deux mesures ». On sait que Leibniz faisait la distinction entre deux types de philosophes : les premiers cherchent à dénouer avec patience les problèmes, tandis que les seconds les résolvent en tranchant dans le vif. Si lon applique ce paradigme aux compositeurs de musique contemporaine, nul doute que Romitelli ait tiré de lhéroïsme de certains échevelés pas très recommandables de la West Coast lenvie de redéfinir la notion même de géographie esthétique, et pas seulement de conjecturer des frontières et circonscrire des territoires. Bien entendu, il retient deux beaucoup plus que cela : un instrumentarium (lamour du son distordu de la guitare électrique), une liberté dans le discours (formes processuelles autogénératrices, en transformation continue, cherchant à se libérer de la hiérarchie et du travail déductif, obéissant souvent à des lois associatives, aux mystères des liaisons entre les timbres, les qualités de temps, les climats musicaux), un certain expressionnisme (paroxysmes, déflagrations et dépressions ponctuent lenveloppe de ses formes). Ce patrimoine, Romitelli lenrichit, en musicien de la tradition écrite, par une conscience proprement compositionnelle des impasses dune pensée musicale exclusivement focalisée sur le timbre. Rappelons ces mots de Jean-Jacques Nattiez dans un passage du Combat de Chronos et dOrphée 5 : « (É) à la différence de la hauteur et du rythme, paramètres linéaires et horizontaux qui commandent un après et exigent impérieusement des prolongements, le timbre a une dimension verticale, figé quil est dans le temps et incapable de créer par lui-même un devenir. Des objets uniquement définis en fonction de leurs propriétés de timbre et de morphologie ne peuvent donner lieu à une syntaxe implicite ou explicite. » Créer une forme musicale valide dans le temps, susceptible de devenir Ïuvre, impose une orientation de la perception (même si lorientation consiste précisément à « désorienter » comme le poursuit le tryptique Professor Bad Trip) et une organisation de la dramaturgie de lÏuvre des qualités qui ne peuvent être puisées que dans la tradition de la musique écrite. Lenjeu de la composition chez Romitelli pourrait sénoncer ainsi : irriguer le formalisme propre à toute écriture dune vitalité qui le déchire sans tout à fait lannihiler.
Dans un entretien quil nous avait accordé en 20006 , le compositeur insistait sur la caducité de la distinction entre high art et low art, et lui substituait celle existant selon lui entre musique écrite et musique non écrite. Les impératifs de la forme, le « sérieux esthétique » appartiennent à lécriture elle seule garantit quil y ait discours, tension, drame. A ce premier impératif dappartenir à une tradition de lécrit sajoutait celui de la non-conformité aux normes, aux modèles de laliénation auditive défendus et propagés soit par lindustrie musicale (musique afro-américaine dominante) soit par le repli sur lhistoire (néo- de toutes provenances, y compris néosérialismes7) - ce qui ne recouvre pas le même territoire que la distinction écrit/non écrit. Certaines productions de la musique japonaise indépendante (la « schizo music » de Nakamura Kosuke notamment), tout un ars accidentalis contemporain made in Germany (Pole, Oval, etc.) prouvent en effet quaujourdhui la musique écrite na pas le monopole de la résistance. Lavant-garde de notre époque ne connaît pas toujours la clé de sol. Dans cette matrice écrit/non-écrit, conformité/non-conformité, Romitelli choisit la porte étroite de lintransigeance devant toutes les lâchetés (devant soi-même et ses contemporains) tout en se refusant d « ouvrir les vannes » du style libre. Il récuse les manifestations de la modernité de lhistoire de la musique au nom dune modernité plus accomplie, plus authentique dans son rapport avec le présent. Notre époque est sale ; sa musique doit lêtre également. Romitelli ne fait pas que fissurer le formalisme, tenter de le déchiqueter : il fait bien pire, il le salit.
Ni épigone (certains post-spectraux), ni régressif (ceux qui ne lisent les essais dAlessandro Barrico que dune seule oreille), Romitelli partage avec Francis Bacon8 non seulement le goût des tryptiques, mais surtout le destin des indépendants, qui se moquent de lhistoire et ne pensent quau présent. Le sien, celui de notre époque, a fait son deuil du son acoustique, et hésite entre la minéralité du son amplifié et lartifice de la pure synthèse sonore9 , entre un territoire qui pourrait encore être arpenté par les membres du corps humain et une représentation mentale qui refuse de sasservir à la contingence de notre espace sensoriel. Comme chez Bacon, la tension entre lécrit (le savoir technique du peintre) et son éclatement dans la pure énergie (le geste de la rature) trouve son aboutissement dans un « figuratif imaginaire », qui fournit la matière des « formes décalées » des grandes narrations musicales du compositeur. Si la trilogie du Professor Bad Trip10 propose en première approche un film sonore de visions hallucinées (inspirées des textes de Michaux), se succédant dans une dramaturgie alternant temps parfaitement amorphe et phases de grande excitation, le grand intérêt de lÏuvre ne repose que partiellement sur la parfaite « efficacité » du projet. La composition exploite largument comme « prétexte11 » et appui pour une écriture susceptible dun complet désaississement des normes12 qui, sopposant à une conscience rigoureuse des lois de la forme musicale (équilibre et contraste, ou, à tout le moins, jeu sur les attentes déquilibre et de contraste de notre perception), construit dans cette opposition même une « conscience formelle » inédite. Si « vision » il y a, elle nest peut-être pas tant hallucinatoire que prémonitoire, anticipatrice dune utopie dune « musique informelle » du XXIe siècle vers laquelle pointaient déjà les sonorités émancipées de Daydream Nation (Sonic Youth) et de Nevermind (Nirvana) mais mises en forme cette fois. Leffort de la composition est de « canaliser » lénergie de leur violence libératrice sans la diluer, de parvenir à créer une « viscosité anguleuse ».
Rien de surprenant à ce quun compositeur innervé dans le son soit à même den saisir les limites, et désire saturer la perception par la mobilisation dautres médias. Les formes musicales ne se laissent violenter que jusquà un certain point : pour toucher lauditeur dépuisement, il faut agir sur dautres stimuli. Mais la démarche nest pas aussi totalisatrice (voire exhibitionniste) quelle en a lair. Elle repose également sur une réflexion plus fondamentale sur létat de la composition musicale. Faisons un petit pas en arrière dans le temps. Linvention artistique au XXe a essentiellement reposé sur la transgression, tant au niveau du vocabulaire quà celui de la grammaire. Les conséquences en ont été prodigieuses, notamment en ce qui concerne la découverte de nouvelles architectures ou de territoires sonores inexplorés, aussitôt dévoyés sitôt dévoilés. Héritier de la modernité, notre présent porte en lui plus dinterrogations que de certitudes. Peut-on encore transmettre la transgression ? Après la mort de la tonalité et celle du sérialisme, assiste-t-on désormais à celle du spectralisme et de ses descendants ? Va-t-on pouvoir continuer à se satisfaire de la seule cohérence des lois acoustiques et du pouvoir expressif du timbre ? A-t-on encore des « dimensions cachées » (l expression est de Michaël Levinas) du timbre à découvrir ? Nassistons-nous pas à la mort du « total sonore » après celle du « total chromatique » ? Ne voit-on pas poindre dans les productions actuelles une nouvelle spectacularité de lécriture : écriture solistique exacerbée (soli ou concertos), association à la scène (renouveau de lopéra) ? Si tel était le cas, nassistons-nous pas à une nième mutation des modèles, de la tonalité vers la combinatoire, elle-même remplacée par lacoustique, aujourdhui enfin tendant vers le spectaculaire, le dramatique ? Ces questionnements nous paraissent très actuels dans la démarche de Romitelli, auteur, en collaboration avec deux vidéastes, dun vidéopéra intitulé Index of Metals, une forme qui cherche à dépasser par le drame la magie des concerts des Pink Floyd et des installations de Bill Viola.
Un fort dramatisme sétait toujours dégagé des Ïuvres de Romitelli, qui est allé en se renforçant pendant la période de composition allant de Lost au cycle Professor Bad Trip (1997-2000). Le processus par mise en boucle de cellules progressivement variées, archétype de la forme romitellienne, est voué à « se déglinguer », à « mal tourner » comme on le dirait dun adolescent. Rien de linéaire, de déductif, dans la directionnalité de cette écriture. Extraordinaire dépression (digne de certains passages de Low de Bowie ou de Berlin de Lou Reed) dans la Lesson I après le paroxysme dun processus qui semblait avoir été mené à son terme (dernières pages de la partition) ; cadences de guitare dans la Lesson II qui tranchent dans le vif de processus se mettant subitement à « tourner à vide », et dont la forme semble avoir du mal à se remettre, tant elle « accuse le coup » après les exercices de pyrotechnie du guitariste (sections II et III de la partition) de même que certaines chansons de Prince peinent à « redémarrer » après les sections improvisées ; « schizophrénie composée » (ou lutte, comme chez Bacon) dans la Lesson III qui combine une forme parfaitement articulée et des « dérapages incontrôlés » culminant dans la sonorité densemble inouïe des dernières mesures (rappelant certaines sonorités de Metal Machine Music de Lou Reed). Quant à la dernière pièce pour orchestre du compositeur, Audiodrome (2003), elle commence par une hésitation composée entre un geste de pièce post-romantique (motif de notes conjointes descendantes sur pédale, type Symphonie Alpestre de Richard Strauss) et une genèse du son orchestral, pour basculer ensuite dans un discours obsessionnel, centré autour dune polarité timbre (son distordu de la guitare)/harmonie (la note « ré »), laissant pointer cependant ici et là des épiphanies dune grande force poétique (allusives ou brillantes). Après une zone centrale, tout aussi incantatoire, le retour de la première polarité est vécue comme un « destin », la septième porte de Barbe-Bleue un message subliminal nous confirmant que « nous sommes perdus ». Laudiodrome romitellien est le colisée moderne de notre sens auditif : le lieu où labject côtoie le sublime sans que nous y trouvions à redire au contraire, nous nous en réjouissons, car nous sentons dans leffet extrême, le « haut le cÏur » dun trop fort dérèglement de nos sens par le son (écouter à nouveau la fin de la Lesson III) et le séisme formel, la promesse dune manière nouvelle découter. Lécriture accumule limpur des chuintements, des glissandi, de la micropolyphonie, des brisures, des incohérences, histoire de voir si la forme résiste aux spasmes qui lagitent, si elle ne devient pas « difforme ». Le timbre devient agent mutilateur, une figure abominable, indomptable. A la différence de certains artistes du mouvement noise japonais qui cherchent à pénétrer lauditeur par leurs décibels épouvantablement élevés, tout en le réconfortant finalement par des formats convenus, la musique de Romitelli cherche à nous traverser de part en part en détournant le pouvoir subversif du son au service de la manipulation du temps de nos attentes et de nos envies formelles mise en question plus raffinée, plus radicale, plus opératoire, à limage dune création fascinante par son ambition de « réaliser la métaphore » (Michaux) là où dautres ne font que la souhaiter ou, au mieux, la nommer. Eric Denut, professeur agrégé en France, chargé de cours à lUniversité de Marne-la-Vallée et à lI.U.F.M. de Créteil, est lauteur de nombreuses contributions sur la musique contemporaine. Il prépare une thèse de doctorat sur la dramaturgie musicale de Franz Schreker à lUniversité Paris IV-Sorbonne.
remonter au texte : 1. Dont Michaël Levinas a pu dire que : « jai ressenti tout dabord une perception physique du son avant de mintéresser à lhistoire du passage de la combinatoire sérielle au modèle acoustique. » in Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, Eric Denut (éd.), Paris, LHarmattan, 2001, p.39 2. Fausto Romitelli in Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, op.cit., p.76 : « Je défends lidée quil faut mettre de nouveau le corps au centre de lexpérience musicale. La musique, cest aussi et avant tout peut-être les réactions physiologiques du corps. » 3. Commande de lIrcam créée en 1996 pour soprano, ensemble instrumental et live electronics. 4. in Musiques en création, 1997, p.35 5. Christian Bourgois, Paris, 1995, p.193. 6. In Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, op.cit., p.73-77. remonter au texte : 7. Fausto Romitelli in Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, op.cit., p.74 : « Il faut se rendre compte quaujourdhui lintérêt nest plus dans le matériau lui-même (tonal, atonal, spectral, etc.), mais ailleurs : dans le traitement du matériau lui-même, capable de produire un écart plus ou moins significatif dans notre mode habituel de perception, une fêlure dans une situation de communication établie, acquise, rassurante, normalisée. » Plus loin, p.76 : « Aujourdhui, une musique doit être violente et énigmatique, car elle ne peut que refléter la violence de laliénation massive et du processus de normalisation qui nous entoure. » 8. Lanalogie nous est soufflée par la présence dans le catalogue du compositeur dune pièce intitulée Blood on the Floor, Painting 1986 (2000). 9. Fausto Romitelli in Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, op.cit., p.75 : « Pour nous, la nature, cest la musique filtrée, la musique non acoustique. » 10. Lesson I (1998) pour flûte, clarinette, guitare électrique, claviers, percussions, violon, alto, violoncelle et live electronics, Lesson II (1999) pour flûte, clarinette, trompette, guitare électrique, basse électrique, claviers, percussions, violon, alto, violoncelle, Lesson III (2000) pour flûte, clarinette, trompette, guitare électrique, basse électrique, claviers, percussion, violon, alto, violoncelle. remonter au texte : 11. Fausto Romitelli in Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, op.cit., p.76 : « Par Michaux, jessaie de méchapper de lunivers très aseptisé de la musique contemporaine. » 12. Fausto Romitelli in Musiques actuelles, musiques savantes, quelles interactions ?, op.cit., p.76 : « jai essayé dans cette Ïuvre de retirer toute trace dautomatisme, toute importation de clichés décriture qui, bien que faisant partie de mon bagage artisanal, mempêchent dexprimer de manière directe, essentielle, mon propre monde musical. » Propos confirmés in Accents n°15, Paris, 2001 : « Le compositeur est le langage quil crée. Il ny a rien de plus fort, de plus violent, que le langage lui-même. A travers les textes de Michaux jai voulu laver, épurer mon expérience de compositeur savant en une expérience qui la métamorphose. » remonter au texte :
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